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« Les patients enseignants, une révolution dans la formation des médecins »

 

LE MONDE | 12.09.2016

 

C’est ce que titre Le Monde, qui publie un texte d’Olivia Gross, Yannick Ruelle et Rémi Gagnayre, chercheurs et enseignants à l’UFR santé, médecine et biologie humaine de Bobigny (université Paris-XII), pour qui « les patients ont un rôle à jouer dans la formation des futurs médecins ».

Les auteurs écrivent ainsi que « les patients ont fait du chemin depuis un temps pas si ancien où leurs symptômes étaient exhibés dans les amphithéâtres des universités par de savants professeurs devant des étudiants au mieux indifférents à leur ressenti, au pire hilares. Aujourd’hui, si les patients reprennent le chemin des facultés, ce n’est plus pour faire voir leurs symptômes mais pour y être enseignants ».

Ils indiquent que « pour comprendre ce changement significatif et l’intérêt des médecins pour les savoirs des patients, il faut se tourner vers l’Union européenne et en particulier vers les pays anglo-saxons. L’Union européenne incite ses Etats-membres, dans la lignée de recommandations de l’OMS, à augmenter le pouvoir d’action des patients et à mener des actions de santé centrées sur leur expérience ».

« Différentes orientations programmatiques visent ainsi à accroître la participation des patients aux mesures qui les concernent. Ces incitations reposent sur le postulat que la vie avec la maladie et l’expérience du système de soins sont des sources de connaissances à explorer pour améliorer la qualité des soins et, in fine, l’efficience du système de santé. L’analyse de leurs expériences (dont celle des besoins ressentis) est donc de plus en plus utilisée afin de définir les nouvelles orientations sanitaires », continuent les chercheurs.

Ils observent notamment que « l’Agence européenne des médicaments intègre des patients dans toutes ses commissions, tout au long du processus de développement des médicaments, des pré-soumissions jusqu’aux études de pharmacovigilance. Dans la même lignée, les scientifiques sont progressivement incités à collaborer avec les patients pour que les recherches menées soient plus en adéquation avec les attentes des malades. Ainsi, au Royaume-Uni, 60% des recherches publiques en santé impliquent des patients dans leur conception et dans les étapes de leur mise en œuvre ».

« Pendant des décennies d’activisme, les associations de patients ont combattu le corporatisme médical et une science ethnocentrée à coup d’opérations médiatiques, de contre-expertises et de programmes de recherches autonomes. Désormais, la tendance est à la collaboration entre associations et professionnels de la santé », soulignent les auteurs.

Ils notent en outre qu’« avec l’institutionnalisation de patients enseignants dans la formation initiale des médecins, une étape supplémentaire est franchie dans la reconnaissance des savoirs expérientiels des patients, puisqu’ils sont désormais intégrés dans un lieu jusque-là particulièrement fermé. […] Intégrer des patients comme enseignants est révolutionnaire. En effet, les facultés de médecine sont le lieu par excellence de l’entre-soi, le lieu où, outre les connaissances médicales, s’acquiert également la culture professionnelle médicale. Et y intégrer des savoirs non validés, des points de vue non maîtrisés par l’establishment médical, ne va pas de soi ».

Les auteurs relèvent qu’« un vrai cap vient d’être franchi au sein de la filière de formation des internes de médecine générale de la faculté de médecine de Bobigny, où, depuis un an, une quinzaine de patients experts délivrent 260 heures d’enseignement par an, soit presque autant que les enseignants médecins avec lesquels ils enseignent en binôme ».

« Ils n’interviennent pas pour témoigner ou pour dénoncer quoi que ce soit : ils délivrent des enseignements qui s’adossent à des contenus qu’ils ont préalablement élaborés collectivement. A l’appui de leur rôle d’enseignant, ils ont un statut d’enseignants vacataires et sont rémunérés comme les enseignants classiques », expliquent les chercheurs, qui soulignent que « ce statut d’enseignant participe de la volonté de marquer les esprits comme de corriger une situation médecin/malade de nature dissymétrique telle qu’elle est véhiculée par la formation médicale ».

 

 

Docteur Philippe TOURNESAC 

Généraliste, spécialiste des pathologies neuro-fonctionnelles – Paris

 

Source : http://www.lemonde.fr/festival/article/2016/09/12/les-patients-enseignants-une-revolution-dans-la-formation-des-

medecins_4996489_4415198.html